16/05/2009
Paul SCARRON
Cent quatre vers
Contre ceux qui font passer leurs
libelles diffamatoires sous
le nom d'autruy.
Beaux Esprits du Pont-neuf, Insectes de Parnasse,
Dont les productions, aussi froides que glace,
Font naistre la tristesse au lieu de divertir,
Vous verray-je toûjours à mes dépens mentir ?
Et mon nom, supposé dans vos oeuvres de bale,
Me sera-t'il toûjours matiere de scandale ?
Trop long temps, malgré moy, par un indigne sort,
Mes vers à vos Placarts servent de Passe-port :
Ils s'en veulent vanger, Grenouilles enrouées,
Et, laissant pour un temps leurs rimes enjouées,
Par des termes trenchans comme des coutelas
Ils vont vous descouper jusqu'en vos galetas,
Vous qui peut-estre un jour, en bonne compagnie,
Atteints et convaincus de male Poesie,
Estendus sur la roue en sales caleçons,
Abjurerez trop tard vos profanes chansons.
Mais n'est-il pas permis à chacun de se taire ?
Et vostre Poesie, est-ce un mal necessaire ?
Rimailleurs affamez produits par le Blocus,
Qui meriteriez bien l'accident de Malcus,
Quel plaisir prenez vous à vous faire maudire ?
Est-ce gloire, est-ce gain qui vous fait tant écrire ?
Ou bien fatiguez vous de gayeté de coeur
Le siecle, dont vos vers est le plus grand malheur ?
Quand vous prenez mon nom, si c'est par quelque estime,
Pour quoy vous en servir à la noirceur d'un crime ?
Et ne m'estimant point, inveterez Pendards,
Pour quoy le supposer à vos méchants Brocards ?
Laissez le tel qu'il est s'il vous est inutile,
Et publiez sans luy vos fautes par la ville.
Mais, Bastards d'Apollon, Rimeurs de Belzebut,
De qui l'esprit malade a pis que le scorbut,
Ennemis du bon sens, corrupteurs du langage,
Ecrivez, imprimez ouvrage sur ouvrage,
Decriez sans respect Princes et Magistrats
Comme si vous estiez reformateurs d'Estats,
Nuisez aux Innocens, attaquez les puissances,
Inventez tous les jours de nouvelles offenses,
Faites bien enrager les hommes de bon sens,
Abusez laschement de mon nom : j'y consens ;
Si la comparaison le merite releve,
Vos deplorables chants, Rossignols de la Greve,
Opposez à mes vers, tous malheureux qu'ils sont,
Decouvriront bien tost la bassesse qu'ils ont,
Seront bien tost au rang des sottises passées
Et papiers déchirez sous les chaizes percées,
Laissant à leurs autheurs, outre mille remors,
Une eternelle peur des Sergens et Recors.
Ne pretendez donc plus, par vos chansons malignes,
Malencontreux Hiboux, vous eriger en Cygnes,
Et, puis qu'à rimailler vous reüssissez mal
Et, pendu pour pendu, que le sort est égal,
Ne faites plus de vers : allez tirer la laine ;
Vous y gagnerez plus avecque moins de peine :
Un livre de vos vers ne vaut pas un manteau.
Ne nous alleguez point la crainte du cordeau :
Elle ne quitte point les medisans Poëtes,
De qui fort rarement les affaires sont nettes,
Et des voleurs de nuit comme de tels Rimeurs
On fait également et pendus et rameurs ;
Si bien qu'en tous les deux estant hommes pendables,
Plus ou moins de profit vous rendront moins blasmables.
Que si, trop adonnez à gaster du papier,
Vous ne pouvez quitter vostre maudit métier,
Au moins faites des vers que chacun puisse lire,
Et servez le Pont-neuf plustost que de medire.
D'un ennemy public, Estranger ou François,
Par zele ou par dépit on se plaint quelque fois
Mais offenser en vers ses Maistres legitimes,
Faire servir en mal l'innocence des rimes
Et pour les debiter y supposer un nom,
C'est estre, pour le moins, faux tesmoin sur larron.
Je veux bien que vos vers soient autant de Chef-d'oeuvres ;
Mais, estant venimeux autant que des couleuvres,
Méchans, c'est pervertir l'usage des bons vers.
Ne vous y trompez plus : cachez ou découvers,
Bien ou mal-faits, ils sont de tres-mauvaise garde ;
Et l'estime n'est pas tout ce qu'on y hazarde
Une faute cachée ou dans l'impunité
Ne peut cautionner une temerité.
Quittez donc un métier qui fait pendre ses Maistres ;
Representez vous bien des Posteaux, des Chevestres ;
Songez, non sans frayeur, que les chants reprouvez
Sont veus degenerer quelques fois en Salvez ;
Songez, non sans frayeur, que semblables ramages
A semblables oyseaux sont de mauvais presages ;
Songez, non sans frayeur, qu'un Gibet est de bois,
Que les faux Amphions l'attirent quelque fois ;
Qu'abusant du métier du malheureux Orphée,
Un bourreau peut autant qu'une Trouppe enragée.
Enfin sur le sujet vous pouvez mediter,
Regarder les objets dont l'on peut profiter,
Songer au grand repos qu'apporte l'Innocence ;
Qu'on n'est point à couvert de ceux que l'on offence,
Qu'on peut vous découvrir, gagnant vos Gazetiers,
Et vous aller chercher jusque dans vos greniers ;
Vous avez trop d'esprit pour ignorer le reste
Et qu'outre les fleaux, Famine, Guerre, Peste,
Il en est encore un, fatal aux Rimailleurs,
Fort connu de tout temps, en France comme ailleurs
C'est un mal qui se prend d'ordinaire aux épaules,
Causé par des bastons, quelques fois par des gaules ;
Son nom est Bastonnade ou bien coups de baston :
Qui vous en donneroit, Messieurs, qu'en diroit-on ?
18:47 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poésie, poèmes, poètes, livre, recueil, littérature, écriture
06/05/2009
COMME UN VERRE DE VIN
Un poème est comme un verre de vin au début d'un repas.
(E. LEROY)
20:33 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poésie, poème, écriture, poètes
25/04/2009
L'ETOILE SE TAIT
Je voulais te parler
Je voulais te murmurer
Tant de choses
Mais je n'ose
Te parler le langage des roses
L'oiseau sur la branche se pose
Sans bruit
Et la nuit
Disparaît
L'étoile se tait
Pour l'éternité
Elle veille sur tes mots
Ce sont les plus beaux.
(16.12.08)

21:46 Publié dans poésie amour | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poème, poète, poésie, culture, écriture, journal intime, amour
SI BLANCHE
Elle nous donne rendez-vous
Elle change nos habitudes
Elle tombe si doucement
Elle fait de nous des enfants
Elle illumine nos jours
Elle compose un immense tapis
De velours épais.
(09.12.08)
21:40 Publié dans poésie nature | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : poésie, poème, poète, écriture, journal intime.
19/04/2009
VICTOR HUGO à LAMARTINE
Merci, mon illustre frère.
Votre lettre m'est arrivée au moment où je lisais des vers divins qui sont de vous.
J'étais avec le poète au moment où l'ami est venu me serrer la main.
-Victor Hugo le 01.05.1835-
17:43 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : culture, écriture, poèmes, poète, vers, poésie
12/04/2009
Paul GERALDY
Le souvenir est un poète,
N'en fais pas un historien.
(Paul GERALDY Toi et Moi - 1912)
Voici mes résumés de cours et mes poètes
Mes disques préférés, mes Bach, mes Schubert
Le calendrier neuf où le jour de ta fête
Est marqué d'une croix, et puis voici mes vers.
( Toi et moi, 1912)
http://lapoesiequejaime.net/geraldy.htm
12:44 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : culture, écriture, livres, littérature, poètes
04/04/2009
COULEURS D'AUTOMNE
Dans ce pays où le mistral dessèche la terre
Et soulève dans les rues la grise poussière
Quand le chant des cigales s'est enfin tu
Que la pluie sur le sol s'est abattue
Que l'automne apporte son ciel blanc
Comme la brume qui s'attarde sans élan
Quelques nuages alourdissant l'horizon
Je laisse derrière moi la maison
Pour prendre ce petit chemin grimpant
Sur la colline où l'été desséchant
A depuis des mois tué l'herbe du printemps
Les feuilles aux couleurs gourmandes
En taches isolées ou en guirlandes
Se fondent dans le vert paysage
Et forment un joli gribouillage.
(11.11.08)
16:12 Publié dans poésie nature | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : poésie, poèmes, écriture, journal intime, jeux
27/03/2009
AVENIR
La fille aux cheveux d'or
La nuit quand elle s'endort
Espère celui qu'elle attend
Elle le voit dans ses rêves ardents
Mais son coeur presqu'artichaut
N'est pas un coeur en lambeaux
Elle attend juste que les rayons
Du soleil sur sa maison
Comme une envie soudaine
Viennent atténuer sa peine
Pourquoi rejeter ce qui
Est écrit là ou ici
Les marchands d'avenir
Soudain la font bien rire
Son avenir reste à écrire
Elle sait déjà ce qu'elle désire
Elle a tout juste vingt ans
Son avenir est déjà grand.
(09/11/2008)
21:38 Publié dans poésies diverses | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poésie, poème, écriture, littérature, livre, culture
20/03/2009
Je t'offre un poème
Je t'offre un poème
Comme un verre d'eau
Il ne désaltère pas
Il te présente un lac
Où tu couleras à pic.
(Anise KOLTZ)
21:44 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : poésie, poèmes, écriture, livre, littérature, culture
08/03/2009
Quand la musique guide l'écriture
"J'ai gardé de ma pratique de la poésie l'idée qu'une musique guide mon écriture. Je dessine plein de personnages. L'un va peut-être devenir un personnage principal mais je ne m'en aperçois qu'au fur et à mesure. J'écris au jour le jour, sans chercher à le faire à heure régulière. J'écris par intuition..."
12:27 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, poèmes, littérature, livre, culture






